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vendredi 30 septembre 2011

Avènement des primaires, mort des partis ?

par variae

Pour l’instant, et contrairement aux craintes que l’on pouvait avoir à leur égard, les primaires citoyennes sont un franc succès. Qui aurait pu affirmer avec confiance, il y a encore quelques mois, qu’elles pourraient attirer 5 millions de Français devant leur poste de télévision ? Qui aurait pu penser qu’elles résisteraient à l’injonction médiatique du clash et qu’elles deviendraient une démonstration d’unité de 6 personnalités de gauche, au moment où la sarkocratie se lézarde et se divise? Certes, l’organisation est encore loin d’être parfaite, et il faudra attendre l’épreuve des urnes – et le taux de participation – pour porter un jugement mieux étayé sur ce jeune processus, mais le spectre du bide ou du flop est déjà en bonne partie éloigné.

Pourtant – ou peut-être à cause de cela – on trouve un certain nombre de personnalités et de militants, à gauche, et plus précisément à ce qu’il convient d’appeler « la gauche de la gauche », pour critiquer durement le principe même des primaires. Leur argumentation, citant fréquemment un récent ouvrage de Rémi Lefebvre, est la suivante : oui, les primaires sont un processus d‘ouverture à la « société civile » ; mais elles ne seraient qu’une vague rustine sur un parti socialiste incapable autrement, faute de rénovation, d’attirer à lui le pays et notamment les classes populaires. Les primaires ne seraient donc qu’en apparence un succès politique : elles consacreraient en réalité au contraire la mort de la politique structurée, militante, « conscientisée », et l’avènement d’une vague démocratie d’opinion où les citoyens, mal informés, grossièrement au courant de quelques idées, vont valider dans les urnes socialistes le candidat choisi par les sondages ou par les médias.

Cette critique rejoint un certain nombre d’interrogations que j’ai déjà pu avoir sur Variae, notamment sur le rôle et la fonction des militants dans un parti donnant désormais la part belle aux sympathisants non encartés. Pour autant, elle a un défaut majeur : elle se conjugue au conditionnel hypothétique, et vit dans la nostalgie d’un militantisme n’ayant hélas existé, dans la période récente, que dans l’imagination que ceux qui le prônent et le défendent.

C’est en effet un beau conte qui nous est raconté ici : celui du militant politique formé, éduqué, ayant fait de l’engagement politique un choix de vie et ne prenant des décisions – notamment en matière de choix de candidat – qu’après mure et instruite réflexion. Ce militant, totalement rationnel, est arrivé là où il en est grâce à un long parcours personnel parsemé de collages d’ affiches et d’échelons politiques à gravir lentement ; il a enfin gagné le droit de payer sa cotisation et de choisir, honneur ultime, le candidat de son parti. Son bagage intellectuel et politique le protège des aléas de « l’opinion » et lui permet de décider en toute conscience et pleine responsabilité. Mieux encore, ce militant n’est pas isolé : il est membre d’un parti de masse, patiemment construit, regroupant des centaines de milliers de ses semblables et à même de faire basculer la société, contre la presse et les puissances d’argent.

Cette description vous a fait soupirer d’aise, voir verser une petite larme ? Bravo : vous êtes comme moi, un romantique de l’engagement militant. Mais la réalité a des raisons que le romantisme ne connait pas. La réalité : celle, en France, de partis politiques qui peinent à atteindre ne serait-ce que la barre fatidique des 200 000 militants, ou alors seulement au moment des campagnes présidentielles ; celle de la société de consommation et du virtuel, où les sollicitations sont nombreuses et où on trouve la colle à affiche décidément bien salissante ; celle, encore, de la méfiance envers la politique et de l’effondrement des grandes idéologies.

Face à ce constat, on peut, il est vrai, avoir deux types de réaction. La première : qu’à cela ne tienne, nageons à contre-courant et imposons notre logique ! Donc partis politiques fermés, exigeants, organisés verticalement et se méfiant de tout ce qui sort du schéma canonique de l’activisme militant. La seconde : soyons un peu plus rusés, ouvrons largement les écoutilles en nous pliant aux us et coutumes de l’époque, et laissons les gens venir à nous avant de les intégrer, éventuellement, dans un circuit militant plus traditionnel.

Peut-être la première option est-elle plus belle sur le papier. Mais je n’ai pas vu que les formations qui la prônent, comme le Parti de gauche ou les partis trotskystes, aient été capables de se transformer en partis de masse à la seule force de leurs petits bras. Plus problématique encore, la logique de l’élitisme militant ou de l’avant-garde éclairée du prolétariat (puisque c’est bien de cela qu’il s’agit) ne connaît pas de limite ou de mesure : n’entendait-on pas Jean-Luc Mélenchon, en 2006, pester contre les honteux adhérents à 20 euros, parce qu’ils n’avaient pas fait assez d’efforts pour devenir militants ? A ce jeu-là, on se retrouve vite dans une logique malthusienne de cooptation et d’épuration, qui rend de facto inatteignable l’objectif rêvé du « parti de masse ».

A contrario, les primaires ne conduisent pas nécessairement à la dissolution des partis, bien au contraire, même. Je connais plus d’un ancien « 20 euros » de 2006 qui, profitant de la main tendue alors par le PS, et alors que rien ne l’y prédisposait, est devenu un militant parfaitement actif et intégré au sein du parti. La première édition des primaires citoyennes peut avoir le même effet, au centuple. Si ne serait-ce qu’un million de personnes y participait, elles augmenteraient déjà considérablement le nombre de Français en contact avec le Parti socialiste. Et il est aussi faux que méprisant de dire que celles et ceux qui vont voter les 9 et 16 octobre sont des moutons manipulés par les médias. Je n’appelle pas « moutons » les 5 millions de Français qui sont prêts à sacrifier une soirée pour suivre un débat pas forcément très glamour entre des candidats à l’investiture PS-PRG. Il se passe quelque chose avec ces primaires, chacun peut le voir, je crois, dans son entourage, et c’est peut-être bien cela qui dérange les déclinistes et les Cassandre, qui donnent parfois le sentiment de prôner l’élitisme militant pour mieux rester dans leur entre-soi confortable et rassurant.

Les primaires posent deux questions : comment redéfinir le rôle du militant « de plein droit », et comment transformer l’essai pour aider les participants au scrutin à franchir le pas d’un engagement plus suivi et régulier ? Mais le simple fait que l’on puisse poser ces questions est déjà le signe d’un bouleversement politique qui vaut la peine d’être assumé, et joué, jusqu’au bout.

Romain Pigenel

jeudi 29 septembre 2011

Le Questionnaire sera en ligne à partir du 9 octobre

L’enquête à laquelle Vous êtes convies à participer s'inscrit dans le cadre d'un
Recherche Universitaire de doctorat de Sociologie et de Science Politique.

Vous aurez la possibilité de participer à la Recherche Universitaire avec la compilation d'un Questionnaire en ligne.

entre le 9 et le 16 octobre C'est quand?

Où participer?
sur le Blog http://lesprimaires.blogspot.com/

sur Twitter
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LES DONNEES SERONT TRAITEES DE FACON ANONYME

Bonnes primaires à tous!

mercredi 28 septembre 2011

Un deuxième débat plus musclé

par challenges

PARIS (AP) — Le deuxième débat télévisé qui a opposé mercredi soir les six candidats aux primaires socialistes s'est avéré bien plus animé que le premier, les participants s'affrontant vigoureusement sur les questions économiques. François Hollande, donné favori par les sondages, a donné l'impression de se voir déjà à l'Elysée, faisant de la jeunesse non seulement son thème de campagne mais le cap de son mandat.

Alors que le premier débat, jeudi dernier sur France-2, avait été très policé et courtois, les échanges sur le plateau d'i>télé sont devenus particulièrement vifs lorsqu'ont été abordés les sujets économiques.

La "TVA sociale" proposée par le député-maire d'Evry (Essonne) Manuel Valls a été fustigée par ses camarades. La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes Ségolène Royal l'a qualifiée de "TVA anti-sociale". La maire de Lille Martine Aubry a souligné qu'une telle mesure pèserait d'abord sur les classes populaires et moyennes. Le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg a quant à lui accusé Manuel Valls de "faire dans une primaire de gauche des propositions de droite". Réponse de l'intéressé: "Personne ici n'a le monopole de la gauche".

Juste avant, Ségolène Royal avait interpellé son ancien compagnon François Hollande, exigeant de savoir qui acquitterait la "contribution écologique" qu'il venait de proposer. Devant ces échanges houleux, la Première secrétaire du PS Martine Aubry, qui a délégué ses fonctions le temps des primaires, s'est sentie tenue d'intervenir pour rappeler que tous les prétendants à l'investiture socialiste étaient d'accord sur la réforme fiscale.

François Hollande a voulu se positionner au dessus de la mêlée. Le député de Corrèze a rappelé mercredi qu'il avait fait de la jeunesse l'enjeu de sa candidature. "Ce sera le cap, pas simplement le cap pour une campagne, le cap pour un mandat!" a lancé l'ancien Premier secrétaire du PS.

François Hollande a une nouvelle fois défendu le "contrat de génération" qu'il propose: chaque employeur qui garderait un senior jusqu'à la retraite et qui embaucherait en même temps un jeune de moins de 25 ans en CDI serait exonéré de cotisations sociales sur les deux emplois. "Ce contrat de génération, ça va lier les âges", a-t-il promis.

Craignant que cette mesure n'ait que des effets d'aubaine, Martine Aubry a suggéré à la place de "taxer les entreprises qui se débarrassent tôt (...) des seniors".

Autre divergence: Ségolène Royal a souhaité "inscrire dans la loi l'interdiction des licenciements boursiers", tandis que Martine Aubry se contenterait de permettre aux salariés de saisir le tribunal de commerce pour empêcher la fermeture de leur entreprise si elle est rentable.

Le chantre de la démondialisation Arnaud Montebourg a défendu un protectionnisme européen qui consisterait à surtaxer les produits en provenance de pays qui ne respectent pas les normes sociales et environnementales en vigueur sur le Vieux Continent.

François Hollande a proposé de changer le mode de calcul du SMIC et de mettre fin aux stock-options. Estimant que les entreprises trouveraient toujours des moyens détournés de verser des sur-salaires, Martine Aubry a suggéré qu'ils soient taxés au même niveau que les rémunérations classiques. Ségolène Royal a souhaité que la loi impose "une progression obligatoire salariale dans les entreprises qui font des bénéfices".

Sur le thème de la sécurité, Manuel Valls a offert de "généraliser" les polices municipales. Martine Aubry a promis de déployer 10.000 policiers en plus sur cinq ans. Arnaud Montebourg a estimé qu'il fallait "associer" la population à la politique de sécurité. Ségolène Royal a une nouvelle fois défendu l'encadrement militaire éducatif des jeunes délinquants. Ce à quoi François Hollande a rétorqué qu'un délinquant condamné devait avoir affaire à l'administration pénitentiaire et non à une autre institution.

Sur les sans-papiers, François Hollande et Martine Aubry se sont prononcés pour des régularisations au cas par cas sur la base de critères qui incluraient l'insertion professionnelle, la durée de la présence sur le territoire et la vie de famille. Tandis qu'Arnaud Montebourg a préconisé des "critères généreux", Ségolène Royal a noté qu'il fallait être "très prudent sur cette générosité aux dépens des autres", à savoir les immigrés en règle. Elle a prôné "un démantèlement et une répression des trafiquants de main-d'oeuvre". Unique candidate non-socialiste aux primaires, le président du Parti radical de gauche (PRG) Jean-Michel Baylet s'est prononcé "pour la suppression du délit d'aide au séjour illégal". Manuel Valls a, lui, considéré que "notre système d'intégration ne marche plus". "Dans une période de chômage mais aussi de tensions dans les quartiers", il a jugé que "des reconduites à la frontière" étaient nécessaires.

Pour clore le débat, les candidats ont été interrogés sur la morale en politique, tandis que la droite est éclaboussée par l'affaire Karachi. Martine Aubry a souhaité "que le statut pénal du chef de l'Etat et des ministres change pour que, pour tout ce qui n'est pas lié à leurs fonctions, ils puissent être jugés comme tous les citoyens". Pour Ségolène Royal, "tout élu qui serait condamné pour des faits relevant de peines privatives de liberté sera immédiatement démis de ses fonctions et inéligible à vie". Arnaud Montebourg a quant à lui assuré que son projet de VIe République allait "beaucoup plus loin" et ouvrait "une nouvelle ère démocratique".

Le troisième et dernier débat entre les six candidats aura lieu le mercredi 5 octobre à 20h30 sur BFM et RMC.

Le premier tour de la primaire est organisé le dimanche 9 octobre. Si aucun prétendant à l'investiture ne dépasse les 50%, les deux candidats arrivés en tête s'affronteront au second tour, le dimanche 16 octobre. AP

Un deuxième débat plus musclé

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PARIS (AP) — Le deuxième débat télévisé qui a opposé mercredi soir les six candidats aux primaires socialistes s'est avéré bien plus animé que le premier, les participants s'affrontant vigoureusement sur les questions économiques. François Hollande, donné favori par les sondages, a donné l'impression de se voir déjà à l'Elysée, faisant de la jeunesse non seulement son thème de campagne mais le cap de son mandat.

Alors que le premier débat, jeudi dernier sur France-2, avait été très policé et courtois, les échanges sur le plateau d'i>télé sont devenus particulièrement vifs lorsqu'ont été abordés les sujets économiques.

La "TVA sociale" proposée par le député-maire d'Evry (Essonne) Manuel Valls a été fustigée par ses camarades. La présidente du conseil régional de Poitou-Charentes Ségolène Royal l'a qualifiée de "TVA anti-sociale". La maire de Lille Martine Aubry a souligné qu'une telle mesure pèserait d'abord sur les classes populaires et moyennes. Le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg a quant à lui accusé Manuel Valls de "faire dans une primaire de gauche des propositions de droite". Réponse de l'intéressé: "Personne ici n'a le monopole de la gauche".

Juste avant, Ségolène Royal avait interpellé son ancien compagnon François Hollande, exigeant de savoir qui acquitterait la "contribution écologique" qu'il venait de proposer. Devant ces échanges houleux, la Première secrétaire du PS Martine Aubry, qui a délégué ses fonctions le temps des primaires, s'est sentie tenue d'intervenir pour rappeler que tous les prétendants à l'investiture socialiste étaient d'accord sur la réforme fiscale.

François Hollande a voulu se positionner au dessus de la mêlée. Le député de Corrèze a rappelé mercredi qu'il avait fait de la jeunesse l'enjeu de sa candidature. "Ce sera le cap, pas simplement le cap pour une campagne, le cap pour un mandat!" a lancé l'ancien Premier secrétaire du PS.

François Hollande a une nouvelle fois défendu le "contrat de génération" qu'il propose: chaque employeur qui garderait un senior jusqu'à la retraite et qui embaucherait en même temps un jeune de moins de 25 ans en CDI serait exonéré de cotisations sociales sur les deux emplois. "Ce contrat de génération, ça va lier les âges", a-t-il promis.

Craignant que cette mesure n'ait que des effets d'aubaine, Martine Aubry a suggéré à la place de "taxer les entreprises qui se débarrassent tôt (...) des seniors".

Autre divergence: Ségolène Royal a souhaité "inscrire dans la loi l'interdiction des licenciements boursiers", tandis que Martine Aubry se contenterait de permettre aux salariés de saisir le tribunal de commerce pour empêcher la fermeture de leur entreprise si elle est rentable.

Le chantre de la démondialisation Arnaud Montebourg a défendu un protectionnisme européen qui consisterait à surtaxer les produits en provenance de pays qui ne respectent pas les normes sociales et environnementales en vigueur sur le Vieux Continent.

François Hollande a proposé de changer le mode de calcul du SMIC et de mettre fin aux stock-options. Estimant que les entreprises trouveraient toujours des moyens détournés de verser des sur-salaires, Martine Aubry a suggéré qu'ils soient taxés au même niveau que les rémunérations classiques. Ségolène Royal a souhaité que la loi impose "une progression obligatoire salariale dans les entreprises qui font des bénéfices".

Sur le thème de la sécurité, Manuel Valls a offert de "généraliser" les polices municipales. Martine Aubry a promis de déployer 10.000 policiers en plus sur cinq ans. Arnaud Montebourg a estimé qu'il fallait "associer" la population à la politique de sécurité. Ségolène Royal a une nouvelle fois défendu l'encadrement militaire éducatif des jeunes délinquants. Ce à quoi François Hollande a rétorqué qu'un délinquant condamné devait avoir affaire à l'administration pénitentiaire et non à une autre institution.

Sur les sans-papiers, François Hollande et Martine Aubry se sont prononcés pour des régularisations au cas par cas sur la base de critères qui incluraient l'insertion professionnelle, la durée de la présence sur le territoire et la vie de famille. Tandis qu'Arnaud Montebourg a préconisé des "critères généreux", Ségolène Royal a noté qu'il fallait être "très prudent sur cette générosité aux dépens des autres", à savoir les immigrés en règle. Elle a prôné "un démantèlement et une répression des trafiquants de main-d'oeuvre". Unique candidate non-socialiste aux primaires, le président du Parti radical de gauche (PRG) Jean-Michel Baylet s'est prononcé "pour la suppression du délit d'aide au séjour illégal". Manuel Valls a, lui, considéré que "notre système d'intégration ne marche plus". "Dans une période de chômage mais aussi de tensions dans les quartiers", il a jugé que "des reconduites à la frontière" étaient nécessaires.

Pour clore le débat, les candidats ont été interrogés sur la morale en politique, tandis que la droite est éclaboussée par l'affaire Karachi. Martine Aubry a souhaité "que le statut pénal du chef de l'Etat et des ministres change pour que, pour tout ce qui n'est pas lié à leurs fonctions, ils puissent être jugés comme tous les citoyens". Pour Ségolène Royal, "tout élu qui serait condamné pour des faits relevant de peines privatives de liberté sera immédiatement démis de ses fonctions et inéligible à vie". Arnaud Montebourg a quant à lui assuré que son projet de VIe République allait "beaucoup plus loin" et ouvrait "une nouvelle ère démocratique".

Le troisième et dernier débat entre les six candidats aura lieu le mercredi 5 octobre à 20h30 sur BFM et RMC.

Le premier tour de la primaire est organisé le dimanche 9 octobre. Si aucun prétendant à l'investiture ne dépasse les 50%, les deux candidats arrivés en tête s'affronteront au second tour, le dimanche 16 octobre. AP

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lundi 26 septembre 2011

Vers une démocratie sondagière

par Rémi Lefebvre, chercheur au Céraps (Le grand débat) 26.09.2011 pour l'édition du 27.09.11

Ce ne sont pas les sondages mais bien les sympathisants de gauche qui trancheront la primaire au terme d'une confrontation où chaque candidat cherche à faire entendre sa différence. Le vote déjouera peut-être les pronostics, la campagne, dominée par les sondages, s'apparente à une course de chevaux et fait prévaloir le jeu sur les enjeux politiques. Loin de mettre en cause les logiques d'opinion, la primaire consacre la personnalisation et le poids des sondages dans la vie politique.

Jusqu'en 2006, les ressources partisanes ont joué un rôle déterminant dans le processus de désignation du candidat socialiste. La maîtrise du parti et les logiques d'appareil structurent alors fortement la sélection présidentielle. En 1981, François Mitterrand est investi candidat alors que les sondages placent son rival Michel Rocard en meilleure position face à Valéry Giscard d'Estaing.

Dans un parti où la légitimité militante a été réaffirmée depuis 1971, la représentation alors dominante est que la mobilisation électorale peut défaire les prévisions des enquêtes d'opinion.

En 1995, la difficile succession de François Mitterrand et le vide laissé par la non-candidature de Jacques Delors, pourtant adoubé par les sondages, conduisent à la première primaire fermée (réservée aux adhérents), qui oppose Henri Emmanuelli, premier secrétaire, à Lionel Jospin. Ce dernier l'emporte en s'appuyant notamment sur la meilleure présidentiabilité que lui confèrent les sondages. Mais "l'opinion" n'a pas imposé son candidat aux socialistes.

L'élection présidentielle de 2007 marque un glissement net vers l'affirmation des logiques d'opinion. Consacrée comme la seule capable de battre Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal s'impose dans l'opinion avant d'être investie par les adhérents qui avalisent le verdict des sondages. La campagne, fût-elle interne, a vocation à séduire les électeurs dans leur ensemble, puisqu'ils pèsent indirectement, à travers les sondages, sur le processus de désignation.

La primaire socialiste conduit ainsi à un résultat paradoxal : la candidate investie par les militants en 2006 a construit sa légitimité en partie contre ou à l'extérieur de l'organisation. Certains des dirigeants et des militants ont alors l'impression d'avoir été dépossédés de leur choix, d'autant que la base militante a été conjoncturellement élargie à travers la vague d'adhésions des militants dits "à 20 euros".

Le Parti socialiste s'émancipe ainsi significativement de sa tradition historique, qui l'avait conduit à écarter Michel Rocard à la fin des années 1970 : les militants choisissent la porte-parole qui optimise le mieux leurs chances collectives de victoire et non celle qui incarne leur préférence programmatique ou idéologique.

L'opinion a "naturalisé" la légitimité de la candidate. Mais l'investiture de Ségolène Royal n'est pas seulement le produit d'une bulle médiatico-sondagière. Les socialistes sont d'autant plus réceptifs aux verdicts des sondages qu'ils sont repliés sur leurs luttes personnelles, qu'ils ont perdu une large part de leur autonomie à l'égard du jeu médiatique et que leur ancrage dans la société s'est affaibli.

C'est précisément parce que le PS est désormais principalement une entreprise de conquête de mandats électifs, prête à tous les ajustements tactiques, qu'un nombre croissant de ses élus et de ses membres sont si attentifs aux verdicts à court terme des sondages d'opinion et font passer au second plan les positions politiques prises par les candidats en présence. La personnalisation des enjeux internes est le produit de la déshérence idéologique du parti.

L'adoption du principe des primaires ouvertes en 2009 scelle-t-elle l'acceptation de la démocratie sondagière ou traduit-elle une volonté d'en limiter l'emprise, le vote permettant aux sympathisants de se réapproprier la désignation du candidat ? S'agit-il avec cette nouvelle règle du jeu d'opposer la logique électorale à celle des sondages ? On peut en douter. Des objectifs contradictoires ont présidé au choix des primaires, qui sont à la fois le produit de phénomènes structurels (le manque d'ancrage social du parti, l'étroitesse de sa base militante) et d'une conjoncture critique (celui du calamiteux congrès de Reims) instrumentalisée par une coalition de réformateurs (Terra Nova, Arnaud Montebourg).

Mais la sensibilité croissante des socialistes aux enquêtes d'opinion et la perte d'autonomie du parti à l'égard des logiques médiatiques ont aussi fortement contribué à légitimer cette nouvelle procédure. En adoptant les primaires, les socialistes ont cédé aux injonctions médiatiques à la transparence et à l'ouverture. Journalistes et sondeurs sont globalement favorables à une procédure qui personnalise et dramatise la compétition politique.

Les logiques d'opinion pesaient certes déjà sur la désignation du candidat lorsque les primaires étaient fermées mais, en ouvrant le processus de sélection présidentielle, les socialistes tendent à les renforcer. Laurent Fabius écrit dans Le Mondu 26 août 2009 : "Désormais, c'est l'opinion qui fait le parti."

La vie politique est devenue un feuilleton médiatique, arbitré par les sondages, où priment dans le commentaire journalistique les ambitions présidentielles, les petites phrases et la déconstruction des stratégies de communication. Dans le discours médiatique, le jeu, entendu comme la dimension concurrentielle de la compétition entre personnalités, tend à prévaloir sur les enjeux, c'est-à-dire la confrontation de visions du monde, d'idées, de programmes.

Cette tendance contribue à la fermeture du champ politique sur lui-même et à la déréalisation des questions politiques aux yeux des citoyens les moins politisés. En renforçant la personnalisation et l'individualisation de l'offre électorale, les primaires ne peuvent qu'accentuer cette stratégisation du jeu politique. Elles introduisent une nouvelle séquence dans un temps présidentiel allongé et dilatent l'intrigue sondagière.

Les primaires confortent une conception de la politique entendue comme "course de chevaux" (les sociologues anglo-saxons des médias parlent de "horse race journalism"). La campagne est ainsi depuis des mois principalement abordée sous l'angle des "favoris", des vainqueurs potentiels, du candidat "le mieux placé". L'attention médiatique est largement focalisée sur le scoring des candidats dans les sondages, omniprésents alors même que leurs limites méthodologiques sont flagrantes.

Trente-cinq sondages ont été spécifiquement consacrés aux primaires entre le 31 mars 2009 et le 22 septembre 2011 (chiffres de l'Observatoire des sondages). Avec les primaires, la question de l'élection tend ainsi un peu plus encore à n'être abordée que sous l'angle du vainqueur potentiel et des vaincus et de leurs performances respectives dans les enquêtes d'opinion. Le choix des dirigeants socialistes de ne pas multiplier les débats contradictoires entre les candidats, voire de les escamoter, renforce ce phénomène.

Les primaires contraignent les acteurs politiques à se situer de plus en plus par rapport à "l'opinion publique". L'ouverture du mode de désignation renforce la légitimité des stratégies d'appel à l'opinion et d'influence sur ceux qui contribuent à la modeler et à la fabriquer (journalistes, commentateurs, instituts de sondages...).

Parce que, à travers les sondages, journalistes et acteurs politiques revendiquent un pouvoir prophétique sur l'issue de la compétition électorale, celui que les enquêtes d'opinion créditent des meilleures chances de l'emporter jouit d'une forte légitimité. Dominique Strauss-Kahn a largement profité de ce phénomène jusqu'en mai. Sur la foi des sondages, l'hypothétique candidature du directeur du Fonds monétaire international s'était alors imposée dans l'espace médiatique, produite par la presse et confortée par les commentateurs politiques de manière circulaire.

La promotion de sa candidature à l'intérieur du parti, fondée sur sa capacité à remporter l'élection, authentifiée par les sondages, cherchait à produire un effet dissuasif sur les autres candidats. Le "pacte" passé avec Martine Aubry était fondé sur l'idée que le candidat le "mieux placé", implicitement dans les sondages, devait se présenter. Les primaires devaient alors ratifier leur verdict.

Le même phénomène bénéficie aujourd'hui, dans une moindre mesure, à François Hollande. La logique médiatico-sondagière conforte un nouveau "meilleur" candidat. C'est sur la base des sondages que François Hollande est consacré comme le favori des primaires. Les commentaires incessants sur la "course en tête" du candidat contribuent d'autant plus à le légitimer que la gauche a perdu les trois dernières élections présidentielles et qu'une nouvelle défaite apparaît "impossible".

Les enquêtes d'opinion ont des effets démobilisateurs sur les soutiens de Martine Aubry (les élus locaux notamment), qui peuvent anticiper, sur la base des enquêtes d'opinion, une défaite de leur candidate et sont incités à ne pas être trop identifiés à elle.

Se mettre dans le sillage de celui dont on prévoit la victoire, sur la base des sondages, devient une stratégie naturelle dans un parti professionnalisé où les enjeux de pouvoir ont acquis une dimension centrale. Si l'on peut douter de leur qualité et s'ils sont rituellement présentés comme non prédictifs du résultat final (la "photographie" à l'instant "T"), les sondages produisent ainsi des effets qui sont bien réels sur le jeu politique et médiatique.

Les sondages feront-ils in fine la primaire ? Dans quelle mesure les enquêtes d'opinion et la "présidentiabilité" différentielle des candidats pèseront-elles sur le choix effectif des sympathisants ? Les effets des sondages sont plus nets sur le jeu politique que sur les votants. La victoire "inattendue" d'Eva Joly lors de la primaire écologiste face à Nicolas Hulot, pourtant favori des sondages, invite à la prudence.

Toutefois, le corps électoral mobilisé, proche des cercles militants, était alors restreint et sans doute peu sensible aux enquêtes d'opinion. Les prochains débats entre les six candidats peuvent être l'occasion de défaire les pronostics des sondages. On peut néanmoins penser qu'ils exerceront des effets autoréalisateurs sur une partie des électeurs de la primaire, tentés de se porter sur le "meilleur" candidat. La tentation est forte de "sécuriser" la victoire sur la base des informations produites par les sondages, fussent-elles de piètre qualité.

La primaire : une première pour les sondeurs

Rémi Lefebvre, chercheur au Céraps (Le grand débat) Le Monde 26.09.11 pour l'édition du 27.09.11

La primaire est un événement sans précédent qui pose de redoutables problèmes aux instituts de sondages. Deux types de sondages sont réalisés et invoqués dans les commentaires. Les premiers tentent de sonder le corps électoral de la primaire dont on ne sait rien ou pas grand-chose (les prévisions oscillent entre 500 000 et 5 millions de participants).

Leur fiabilité est très faible compte tenu des incertitudes sur l'ampleur de la participation, un des enjeux politiques les plus saillants de la consultation, et de la méconnaissance des caractéristiques sociologiques ou territoriales des votants. Il est donc impossible de construire des échantillons représentatifs (de quoi ?).

Faute de précédent, aucun "redressement" sérieux n'est possible. Ces difficultés n'empêchent pas la plupart des instituts de produire des enquêtes en multipliant les types de groupes sondés (participants "sûrs" à la primaire, sympathisants de gauche ou socialistes...).

Les échantillons bricolés sont souvent de taille insignifiante : Opinion Way a publié le 1er septembre une enquête reposant sur une population étriquée de 222 électeurs potentiels (voir les analyses fouillées de l'Observatoire des sondages).

Prudence voire abstinence

Le deuxième type de sondage propose plus classiquement des intentions de vote à l'élection présidentielle construites à partir de scénarios de premier et de second tours avec les différents candidats des primaires. Depuis juin, toutes les enquêtes donnent Martine Aubry et François Hollande vainqueurs au second tour avec de meilleurs scores pour le second.

Ces limites méthodologiques ont été maintes fois relevées par les candidats, les journalistes ou les sondeurs eux-mêmes. Ségolène Royal, consacrée par les sondages en 2006, les dénonce aujourd'hui. Elle a saisi la Haute Autorité de la primaire qui a conseillé aux candidats de saisir "aussi souvent que nécessaire" la Commission des sondages.

La prudence, voire l'abstinence, devrait être de mise. Mais l'addiction des commentateurs politiques aux sondages et la peur du vide (une campagne privée d'"opinion") rendent irrépressible l'usage des sondages.

Les candidats à la primaire PS sortent renforcés, mais rien n'est joué pour 2012

par la depeche.fr

Les candidats à la primaire socialiste sortent renforcés "collectivement" de la victoire dimanche de la gauche au Sénat, constatent des politologues, qui relèvent une "dynamique" pour l'élection présidentielle, mais mettent en garde contre tout "triomphalisme".

Comment interpréter la victoire de la gauche : simple résultat mécanique des élections intermédiaires depuis 2008, comme le souligne la droite ? "Défaite" personnelle de Nicolas Sarkozy, comme l'affirment les socialistes ?

Voire davantage : est-ce le "premier acte de la reconquête pour la gauche" avant 2012 (Harlem Désir, premier secrétaire par intérim) ou un signe "prémonitoire" (François Hollande) ?

"La conséquence principale" du basculement à gauche de la Haute assemblée est d'abord "collective", affirme à l'AFP Gaël Sliman (BVA) : "ça crée une dynamique positive pour le PS globalement et une dynamique très négative pour Nicolas Sarkozy".

Cette victoire "nous donne surtout des responsabilités", car "les attentes seront nombreuses vis-à-vis de cette majorité de gauche", a estimé lundi Benoît Hamon, porte-parole du PS.

A treize jours du premier tour de la primaire socialiste, et à deux jours d'un nouveau débat télévisé entre les six candidats, cela peut "renforcer l'engouement pour la participation" à ce scrutin, explique M. Sliman.

Le politologue estime par ailleurs que Martine Aubry et François Hollande, les deux favoris, apparaissent comme "les plus renforcés, parce que l'un et l'autre peuvent mettre cette victoire à leur crédit".

Pour lui, la maire de Lille, en congé de ses fonctions de Première secrétaire, a toujours "l'image de la patronne du PS, qui a remis le PS en ordre de bataille et a permis de remporter la quasi-totalité des élections intermédiaires (cantonales et régionales)".

Le député de Corrèze, pour sa part, peut faire "valoir l'argument du succès des municipales en 2008 alors qu'il était encore premier secrétaire du parti", poursuit-il.

Michel Sapin, un proche de Hollande, relève que ce dernier a "accompagné pendant plus d'un an les sénateurs autour de l'idée de la conquête possible du Sénat" et a fait en sorte que le non-cumul des mandats (voté par les militants et défendu par Martine Aubry) ne s'applique pas immédiatement.

M. Hollande, s'il se défendait dimanche soir de faire tout "lien" entre cette victoire et la primaire, n'en a pas moins le soutien d'une majorité de sénateurs socialistes, dont celui de Jean-Pierre Bel, leur chef de file, qui brigue la présidence samedi prochain. La Haute assemblée compte en outre une nouvelle sénatrice proche de lui, Frédérique Espagnac, élue dimanche dans les Pyrénées-Atlantiques.

Martine Aubry ne semble pas vouloir créer la division : lundi, elle a appelé les socialistes à "jouer collectif" pour la présidence du Sénat en votant pour Jean-Pierre Bel. La sénatrice Catherine Tasca, un de ses soutiens, a annoncé qu'elle présenterait sa candidature, mais se soumettrait à la décision du groupe.

Quoi qu'il en soit, Stéphane Rozès, président de Cap (Conseil, analyse, et perspective) met en garde : il ne faudrait pas "se prêter à tout triomphalisme", car avant 2002 et 2007, la gauche avait "progressé au plan local", mais avait "échoué à la présidentielle".

"Les socialistes sont prompts à confondre les enjeux des élections locales et ce qui fait une présidentielle", explique-t-il. "Avant même que la présidentielle ne commence, ils ne peuvent faire l'économie d'une double démonstration: 1 / qu'ils ont un candidat qui incarne le pays et 2/ que ce candidat peut sortir le pays de sa crise sans renoncer au modèle social et républicain".

LES PRIMAIRES PS 2011

LES PRIMAIRES PS 2011: le Questionnaire sera en ligne le 9 Octobre

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LES PRIMAIRES PS 2011: A partir de 11h30, suivez le point presse en direct

Bonjour

A partir de 11h30, suivez le point presse en direct animé par Benoit Hamon sur le site du PS

dimanche 25 septembre 2011

Le Sénat passe les armes à gauche

par Liberation

Avec quelque 175 sièges, le Parti socialiste et ses alliés sont arrivés en tête des sénatoriales, hier. Un succès et une alternance historiques à sept mois de la présidentielle.

C’est un militant socialiste qui a trouvé la formule : «Sarkozy nous avait prévenus : ensemble, tout devient possible… même le Sénat à gauche.» Risquée dans l’après-midi étant donné la complexité du scrutin sénatorial, la prophétie s’est finalement réalisée : avec 175 sièges, la gauche fait basculer la Chambre haute du Parlement pour la première fois de la Ve République. Et pourrait même voir sa majorité gonfler à 177 voire 178 grâce aux résultats des Antilles attendus dans...



Primaires citoyennes : to vote or not to vote ?

par laVie ChonChon

La plupart d'entre nous est dans une configuration électorale inédite, puisque jamais des primaires n'ont été ouvertes, puisque celles d'Europe Ecologie les Verts furent circonscrites à quelques dizaines de milliers de votants, et que celles du PS en 2006 étaient restées de la seule responsabilité des militants.

Le 9 octobre 2011, et peut-être aussi le 16 octobre 2011, c'est donc l'ensemble des électeurs de gauche qui peut aller voter à cet "avant premier tour", alors même que certains ne voteraient pas PS au premier tour, et choisiraient le FdG, le NPA, LO.

Je passe volontairement outre les arguments - souvent sous forme de menaces - de l'UMP quant aux risques de tricherie et de fichage généralisé, car cela ne m'apparaît pas correspondre, compte tenu de l'enjeu de ces primaires citoyennes, à une quelconque réalité.

Il s'agirait ici de participer à un "regain de souffle" accordé à la démocratie de notre pays. Ce n'est pas là une vaine expression, lorsqu'on constate que désormais nombre de parlementaires (davantage au Palais Bourbon qu'au Palais du Luxembourg) s'apparentent à des "affidés" qui tiennent davantage compte des consignes de l'Elysée, de Matignon, du gouvernement et de l'UMP, plus que porteurs des exigences de leurs électeurs ; lorsqu'on constate aussi l'espèce de main-mise des pouvoirs en place sur toujours davantage de media via des renvois et des démissions ; lorsqu'on constate enfin les atteintes (ou tentatives d'atteintes) à l'indépendance de la Justice via là aussi des nominations, entre autres, de procureurs obéissants et asservis.

Oui, la démocratie connaît des difficultés à respirer, et si ces primaires citoyennes, au-delà de tout esprit partisan au sein de la gauche, peuvent lui redonner du souffle, il est légitime à mon sens d'y participer. Rendant à César ce qui appartient à César, il faut bien reconnaître en passant qu'il y a là, en quelque sorte, la validation du concept de "démocratie participative" énoncé par Ségolène Royal lors de la précédente campagne pour l'élection présidentielle.

Je comprends le risque, qui n'est pas anodin, que présentent ces primaires citoyennes, qui risquent d'écorner le militantisme politique, c'est à dire l'engagement plein et entier. Car voter à ces primaires citoyennes, c'est peut-être pour certains la tentation de s'émanciper d'un réel engagement de terrain.

Je mets un balance de ce risque, un autre risque que je pense plus grave et comportant des conséquences qui pourraient s'avérer tristement fatales : une faible participation à cette nouvelle expérience démocratique. Ce serait livrer sur un plateau à l'actuel Président, à sa clientèle et à son fan-club, la possibilité de se ravigoter, en arguant du désintérêt de l'électorat pour la gauche. Et je sais combien les "éléments de langage" que distilleraient toutes les composantes de l'actuelle majorité présidentielle dans tout ce qu'elles comptent de relais médiatiques complaisants, sinon asservis.

C'est donc en ayant bien "ruminé" tous ces éléments que je participerai à ces primaires citoyennes, malgré toutes les réserves - car il y en a - que j'ai exprimées. Je ne peux pas me résoudre à offrir la moindre brèche à l'UMP qui servirait à la réélection de l'actuel locataire de l'Elysée, et je ne le perds jamais de vue.

Je me rappelle cette phrase d'Albert Camus que je fais présentement mienne : "Je suis de gauche, malgré elle, malgré moi". Et même si je ne vais pas réellement sélectionner le candidat de mon choix du premier tour de l'élection présidentielle, je vais participer à l'inclination du PS que j'estime la plus appropriée devant les défis du prochain quinquennat.

Questionnaire les primaires 2011

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Galop d'essai pour les primaires du PS

par France 3

La fédération du Clavados a organisé ce samedi une simulation d'élection

Ce samedi après-midi, les couples de futurs mariés font la queue pour passer devant monsieur le Maire. A l'écart, dans une aile du bâtiment, un groupe de militants socialistes procèdent aux répétitions des élections primaires qui doivent avoir lieu dans deux semaine.

Seuls les adhérents de la fédération du Calvados du Parti socialiste pouvaient participer à cette simulation. Le 9 octobre prochain, toute personne inscrite sur les listes électorales pourra donner sa voix à l'un des candidats en lice. A condition de s'acquitter d'un euro et de signer une charte d'adhésion aux valeurs de gauche. "C'est tout à fait nécessaire et ça permet de filtrer", explique Raphaël Chauvois, secrétaire fédéral du PS Calvados, "ça permet de s'assurer que les gens qui viennent participer s'engagent sur des valeurs de gauche, c'est la moindre des choses."

L'objetcif de cette simulation: s'assurer que l'organisation est au point pour le scrutin, une grande première pour cette formation politique. Plusieurs des adhérents présents ce samedi après-midi seront amenés à tenir des bureaux de vote. "L'important, c'est que tout soit parfait, concret surtout", explique une militante, "il faut que ce soit crédible, donc il vaut mieux commencer à apprendre."

Une simulation donc et surtout pas un sondage. Parmi les candidats, uniquement des figures historiques du socialisme français: Léon Blum, Jean Jaurés ou Louise Michel. C'est cette dernière qui a remporté le "scrutin". Les primaires du PS auront lieu les 9 et 16 octobre prochain de 9 h à 19 h. 97 bureaux de vote seront ouverts dans le Calvados.

Primaires socialistes: les six propositions qui font débat

par Hélène Fontanaud Les Inrocks

Martine Aubry La maire de Lille veut voir naître la "première génération de l'après-nucléaire". De quoi satisfaire les écologistes davantage que l'engagement de François Hollande de faire passer la part de l'énergie nucléaire dans la production de l'électricité de "75 % à 50 % d'ici à 2025". Les deux favoris de la primaire se sont affrontés sur ce thème lors du débat du 15 septembre.

Jean-Michel Baylet Le radical de gauche défend la légalisation du cannabis. Pour lui, la dépénalisation ne suffit pas car elle ne règle pas les problèmes de santé publique et les trafics. Les cinq autres candidats veulent maintenir l'interdit.

François Hollande Le député de Corrèze propose un "contrat de génération" exonérant de cotisations patronales (durant cinq ans) l'entreprise qui embauche un jeune de moins de 30 ans à condition qu'elle maintienne dans l'emploi un salarié de plus de 55 ans chargé du tutorat du junior. Coût estimé : 10 milliards d'euros. "Rien de ce que je propose n'est de nature à dégrader les comptes publics", souligne-t-il en réponse aux critiques de Martine Aubry, pour qui ce dispositif "coûte cher et ne marche pas".

Arnaud Montebourg Le député de Saône-et-Loire milite pour une "loi de sécurisation" de l'économie, traduction de son concept de "démondialisation". Il propose ainsi de séparer les activités de banque de dépôt et de banque d'investissement. Il s'agirait aussi de mettre "sous tutelle" les établissements bancaires.

Ségolène Royal La candidate de 2007 préconise la création d'une banque publique pour le financement des PME et une réorientation générale de l'investissement bancaire au profit de l'économie réelle, des propositions qui la rapprochent d'Arnaud Montebourg. Elle propose aussi d'encadrer les prix de cinquante produits de première nécessité.

Manuel Valls Le député-maire d'Evry est favorable à la mise en place de "quotas migratoires, selon nos capacités d'accueil et organisés prioritairement avec les pays qui sont des partenaires historiques et économiques comme ceux du Maghreb ou de la zone CFA". Les autres candidats s'en tiennent aux propositions du projet PS sur une politique migratoire maîtrisée définie dans une loi de programmation.

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samedi 24 septembre 2011

vendredi 23 septembre 2011

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- 16 jours


jeudi 22 septembre 2011

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mercredi 21 septembre 2011

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